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L'imbroglio ethnique: En quatorze mots clŽs
R. Gallissot, M. Kilano, et A. Rivera,
Editions Payor Lausanne, 2000. ISBN 2-601-03268-5
"Des termes comme "race", "ethnie", "nation", "communauté",
"culture", pourtant fortement connotés idéologiquement
et lourds de significations historiques, sont fréquemment utilisés
- aussi bien au niveau du sens commun que dans le langage des médias
et des politiques, et quelquefois dans le discours scientifique lui-même
- comme s'ils étaient forcément neutres et innocents,
comme s'ils s'identifiaient aux choses, à des réalités
empiriques indiscutables.
Un des propos de ce livre est de montrer que ces catégories n'ont
rien à voir avec la nature ou l'essence des choses, mais qu'ils
[sic] sont des artefacts, des constructions sociales, des produits de
l'histoire et en tant que tels, arbitraires, conventionnels et changeants.
Ce sont des abstractions conceptuelles, des catégorisations sociales,
des croyances collectives, mais qui ne possèdent pas moins la
capacité de faire agir socialement et de servir comme de puissantes
armes idéologiques de manipulation.
Cette puissance performative est largement illustrée par les
événements tragiques contemporains comme les "nettoyages
ethniques" en ex-Yougoslavie, les génocides au Rwanda, et les
myriades de conflits ethniques ou nationaux conduits au nom d'une rpésumée
identité collective primordiale".
pp. 5-6
Rivera:
"L'idée d'une causalité biologique et la conviction qu'il
y a un rapport de détermination direct et immédiat du
biologique au social, au culturel et au psychologique, finissent par
caractériser presque ou toute la pensée scientifique de
l'époque. Du coup, la sensibilité cuturelle s'imprègne
de l'idée de hiérarchie raciale, que l'on considère
comme une évidence et une donnée scientifique. Les hiérarchies
sociales sont ainsi rendues atemporelles sous forme de "relations raciales".
Le racisme s'affirme donc comme le "modèle général
de l'idéologie de la discrimination." (Burguio 1998:13). Ce ne
sont pas seulement les "sauvages", les "Nègres" ou les Juifs
qui sont racisés, mais aussi les femmes et les Blancs pauvres.
Les vagabonds et les prolétaires se voient attribuer des caractères
quasi raciaux: ils répandent des odeurs particulières,
ils sont affligés de tares physiques et morales, ils ont une
propension inévitable à la déviance etc.
La systémisation des théories raciales ainsi que la construction
des doctrines et des idéologies racistes, qui en est la conséquence,
se situent donc dans un contexte où s'entrelacent étroitement
le scientisme, l'organicisme, la nationalisme, la légitimation
de la domonation coloniale et impérialiste, et la pensée
de la décadence. Les constructions théoriques racistes,
aujourd'hui encore, sont, pour la plupart, traversées de quelques
idées obsessionnelles et récurrentes: la perfection du
passé, la décadence du temps présent, la catastrophe
inéluctable qui doit en découler de la dégénérescence
ou du chaos raciual, du mélange, du métissage."
p. 119
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